Témoignage : Prendre du poids

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Eric : En complément de notre article « Grossir : Les clefs de la prise de poids réussie » nous avons interviewé Antoine sur son expérience. En effet, cet homme de 32 ans a été maigre jusqu’à ses 20 ans. Il n’arrivait pas à grossir et se sentait mal dans son corps. Puis, après un déclic, il a trouvé la motivation pour suivre sérieusement une alimentation de « prise de masse ».

Témoignage

Eric : Bonjour Antoine, je voudrais d’abord que tu nous racontes comment tu as vécu ton état de maigreur depuis ton enfance.
Antoine : Bonjour. En fait, j’ai eu une croissance assez brusque et je me suis stabilisé à environ 1m80 pour 55 kilos. Je me sentais mal car, comparé à la majorité de mes camarades, je n’avais que la peau sur les os. Certains m’appelaient d’ailleurs « le squelette » ou « la grande perche ». Ce qui rajoutait à mon mal-être. Je détestais mon corps et j’avais l’impression qu’il m’empêchait aussi de plaire aux filles. Pourtant, j’avais l’impression de beaucoup manger en m’engloutissant des boites entières de gâteaux, des glaces, des bonbons, etc. Mais, cela n’avait aucun effet. De temps en temps, j’essayais de faire quelques pompes et des tractions, en priant pour avoir des muscles le lendemain. Évidemment, cela n’est jamais arrivé.

Eric : Donc, tu avais déjà cette volonté de prendre du poids et de te muscler. Qu’est-ce qui a fait la différence ? Quand est-ce que cela a vraiment marché et pourquoi ?
Antoine : C’est vrai que je voulais prendre du poids. J’avais envie d’un corps musclé, un corps qui me plairait à moi et qui plairait aussi aux filles. Je me rappelle d’une période où je me suis mis à manger un peu plus et à faire quelques exercices et j’ai vu un peu de changement. Malheureusement, je suis vite revenu à mon alimentation habituelle. Or, cette alimentation n’avait rien de copieuse contrairement à ce que je croyais dans mon enfance. J’avais beau m’empiffrer de pâtisseries et de confiseries mais, comme je ne mangeais pas beaucoup aux vrais repas et qu’il m’arrivait souvent de sauter le petit-déjeuner, à la fin de la journée, je n’avais finalement pas mangé grand-chose.

Un jour j’ai eu ce déclic. C’était une période assez sombre pour moi car j’étais en pleine dépression et je prenais des anti-dépresseurs. Je pense que les deux ont pu jouer dans le déclic. Pour sortir de ma dépression, je devais faire des changements dans ma vie, il fallait que j’arrive à m’accepter. Et cela passait par avoir un corps qui me convienne et que je ne subisse plus. Je me suis accroché à cette idée et j’ai tout fait pour que cela marche. Dans le même temps, comme je prenais des médicaments anti-dépresseurs, il est possible que j’ai profité d’un effet secondaire qui m’ouvrait l’appétit. Cela m’a peut-être permis de manger plus.

Eric : Quels sont les changements que tu as apportés à ton alimentation ?
Antoine : A l’époque, je n’avais aucune notion de diététique. Tout ce qui m’importait, c’était de prendre des kilos. Je voulais voir l’aiguille de la balance avancer chaque semaine. J’ai donc fait des changements radicaux. Je mangeais certains aliments en double. Deux steaks, deux yaourts, etc. Je remplissais mon assiette à ras-bord et je me forçais à la finir. Je mangeais aussi assez souvent des pizzas entières et des paquets de gâteaux.

Eric : Et ça a marché ?
Antoine : Oui, ça a marché. Je prenais 2 kilos par semaine ! Je changeais à vu d’œil. Mais, avec le temps, je me rends compte que le changement était trop rapide.

Eric : Comment t’en es-tu rendu compte ?
Antoine : Sur le moment, j’étais content. J’étais obnubilé par le fait de prendre mes kilos en plus chaque semaine. Donc je ne me remettais pas en question. À côté de mon programme alimentaire assez chaotique, je faisais quelques exercices physiques chaque soir : des pompes, des tractions, etc. Sans vraiment suivre de protocole en particulier. Je pensais pouvoir prendre pas mal de muscles ainsi.

Mais, au bout de plusieurs semaines, je me suis rendu compte que j’avais dépassé le stade où je remplissais les « creux » de mon corps. Je commençais à prendre du ventre et mon obsession s’est inversée. Je me trouvais trop gras. Maintenant que j’ai un peu plus d’expérience, je sais que le corps ne peut pas construire une énorme quantité de muscles chaque semaine. Donc, ce que je prenais était en grande partie du gras. Mon programme de musculation était de toute façon assez inefficace.

Eric : Qu’as-tu fait ?
Antoine : J’ai commencé par faire une fixette sur mes bourrelets. Et j’ai entrepris de les perdre en adoptant une alimentation plus restreinte en calories. Trop restreinte en vérité. J’ai maigri et j’ai perdu une bonne partie de mes kilos. J’ai aussi perdu une bonne partie des quelques muscles que j’avais réussi à prendre. Comme j’avais peur de perdre plus, je me suis arrêté là. Je trouvais tout de même mon corps plus esthétique qu’avant. Ça m’a fait du bien.

Eric : Par la suite, as-tu repris du poids ?
Antoine : Effectivement. Je ne voulais pas m’arrêter là. Je voulais un corps beaucoup plus musclé, un vrai corps d’athlète. J’avais touché du doigt ce rêve et j’ai donc décidé d’aller jusqu’au bout. Le fait de grossir m’avait aidé à trouver une nouvelle stabilité et depuis, l’alimentation et le sport sont une constante importante dans ma vie. Après ma période de régime pour perdre du gras, je me suis inscrit dans une salle de musculation pour suivre un vrai programme. Avec le temps, j’ai aussi appris à manger plus sainement et à prendre mon temps pour construire du muscle. J’ai fait des erreurs, mais je considère que j’en ai fait de moins en moins en apprenant, grâce à mon expérience et ce que j’ai pu lire sur internet. Aujourd’hui, je fais 85 kilos pour mes 1m80. Je suis assez musclé et je continue à m’entretenir et même à grappiller quelques grammes de muscles supplémentaires.

Eric : Au final, ta prise de poids semble t’avoir vraiment profité. Pour finir, pourrais-tu nous parler des bénéfices que cela t’a apporté dans la vie ?
Antoine : Je n’ai plus cette haine vis-à-vis de mon corps. Je ne me regarde plus de la même façon et je n’essaye plus de me cacher sous des vêtements amples. Au contraire, je m’habille avec des habits plus serrés pour me mettre en valeur. J’ai aussi une meilleure confiance en moi et j’ai l’impression de plaire davantage. Comme je le disais, j’ai aussi trouvé une nouvelle stabilité et je me sens mieux.

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