La véritable histoire de la cigarette

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Aujourd’hui, tout le monde sait que fumer est nuisible à la santé. L’Etat a d’ailleurs pris des mesures pour essayer de freiner la consommation de cigarettes dans le pays et diminuer l’exposition des personnes à la fumée. Le prix des paquets ne cesse donc d’augmenter et il est maintenant interdit de fumer dans certains lieux publics. Pourtant, savez-vous que c’est ce même état qui a poussé les gens à fumer en premier lieu ? Voici un peu d’histoire.

Les conquistadors

Avant d’être connu de l’Europe, le tabac était seulement consommé par les Amérindiens, notamment sous forme de pipe ou de tube de feuille appelé « tobago ». Le tabac pouvait également être chiqué. Son utilisation se faisait autant lors des fêtes et cérémonies religieuses que dans un but d’apaisement ou pour communiquer avec les esprits.
C’est avec l’arrivée de Christophe Colomb que le tabac se répandit à travers l’Europe, en commençant par l’Espagne. Au début, il ne s’agissait que de tabac à chiquer ou fumé en pipes, voire en cigares. De plus, ce tabac était surtout utilisé pour les vertus thérapeutiques qu’on lui prêtait pour soigner les migraines, l’asthme ou autres symptômes. Puis, son usage par plaisir se répandit, mais seulement chez les riches, car c’était un produit très coûteux.

La création de la cigarette

Après l’utilisation de pipes ou de tabac à mâcher, c’est le cigare qui devint de plus en plus populaire. Puis, le tabac commença à être roulé dans des feuilles de maïs. Celles-ci furent remplacées par du papier plus fin à partir du 17e siècle. Évidemment, à ce moment-là, chacun devait rouler ses cigarettes à la main.
Mais, ensuite, les premières cigarettes manufacturées commencèrent à envahir le marché. Elles étaient vendues déjà roulées, mais le processus restait manuel. C’est à partir de ce moment-là que la France instaura un monopole d’état pour vendre les cigarettes.
A cette époque, la pipe avait encore la préférence des consommateurs et il fallut attendre le 19e siècle pour que la cigarette devienne beaucoup plus populaire grâce à l’invention de machines industrielles pour rouler le tabac. La production devint bien plus abondante et la cigarette envahit le marché.

La Première Guerre mondiale

Lors de cette guerre, l’état décida de distribuer gratuitement du tabac gris aux soldats. Cela généralisa la consommation de tabac qui devint massive. Après la guerre, l’état créa donc la SEITA, une organisation chargée de gérer le monopole de l’État sur le tabac. Les bénéfices furent conséquents. L’État profita donc de la popularité qu’il avait lui-même favorisée durant la guerre. Une grande partie des hommes de cette époque fumaient la cigarette.

La Seconde Guerre mondiale

Et cela ne s’arrêta pas là puisque les Américains contribuèrent également à la popularité de la cigarette en distribuant leurs propres cigarettes à leurs soldats, durant la Seconde Guerre mondiale, et toutes les guerres qui suivirent. La cigarette américaine devint une sorte de symbole de la liberté et cela créa un engouement énorme autour du tabac roulé.
A noter que, même si les méfaits du tabac sur la santé étaient déjà pointés du doigt par certaines personnes depuis le 17e siècle, sa consommation trouva un second souffle sans problème. Des médecins en firent même la promotion et les prétendues vertus thérapeutiques de la cigarette furent mises en avant dans de nombreuses publicités.

Le volte-face

Nous avons vu comment, depuis l’instauration du monopole d’état sur le tabac, l’État français a incité la population à la consommation de cigarettes. Il produisait des publicités pour en vanter les mérites et en distribuait gratuitement à ses soldats. Grâce à cela, il engrangea des bénéfices faramineux à travers la SEITA.
Mais, en 1960, le lien entre cancer du poumon et tabagisme fut prouvé par des recherches. La cigarette ne semblait plus si saine. Pire, elle pouvait tuer. 20 ans plus tard, l’idée commença à faire son chemin et le gouvernement s’aperçut également que, si la vente de cigarettes lui rapportait gros, la prise en charge des maladies qu’elles créaient coûtait encore plus.
L’état fit donc volte face. Il privatisa la SEITA pour se détacher de ses responsabilités dans la vente du tabac et commença même à critiquer cette organisation pour avoir fait de la publicité dans le but d’inciter à la consommation de tabac. Plus tard, la loi Evin vint interdire la publicité en faveur du tabac et de ses produits dérivés comme la cigarette. La distribution gratuite fut également stoppée et fumer dans certains lieux publics fut encadré.

Aujourd’hui

Même si le monopole d’état n’existe plus, la vente de cigarettes reste très encadrée et seulement autorisée aux bureaux de tabac. Plus aucune publicité n’est tolérée pour la vente de tabac et vous ne verrez personne fumer à la télévision. Bref, l’état fait tout pour dissuader la population de fumer alors que c’est lui qui a contribué à faire la popularité de la cigarette.
De nouvelles taxes sur le tabac s’ajoutent au fil des mesures pour faire baisser la consommation de tabac, des images horribles et des messages morbides ont pris place sur les paquets de cigarettes. Tout en essayant de réduire le nombres de maladies liées au tabac, l’état continue tout de même à profiter de la vente de ce produit à travers les taxes. Car il faut savoir que le prix du tabac est composé à 80 % de ces taxes.
Le pire dans tout ça, c’est que, malgré toutes ces campagnes antitabac et ces taxes, la proportion de fumeurs n’a pas vraiment bougé en l’espace de 15 ans.

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